Big Data et émancipation

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Ce texte d’Antoinette Rouvroy, Docteur en sciences juridiques et Thomas Berns, Docteur en philosophie est une analyse et une critique de la gouvernementalité algorithmique rendue possible par l’utilisation des Big Data, le traitement informatique d’énormes quantités de données. Pour les auteurs « les nouvelles opportunités d’agrégation, d’analyse et de corrélation statistiques semblent permettre de saisir la réalité sociale dans une perspective émancipée de tout rapport à la moyenne ou à la normale. Problème : cette « objectivité a-normative » ou « télé objectivité » comme l’a définie le philosophe Paul Virilio ne sont pas pour autant générateurs d’espace public mais contribuerait à la radicalisation des opinions et à la disparition de l’expérience commune (Sunstein, 2009).

 

Sous couvert de «personnalisation »  des offres, des services, des produits elle contribuerait « à reproduire et démultiplier la normativité de chaque individu », « en obscurcissant les normativités sociales, intraduisibles sous forme numérique ».

 

De ce fait “le gouvernement algorithmique « crée » une réalité au moins autant qu’il l’enregistre. Il suscite des « besoins » ou désirs de consommation, mais de la sorte il dépolitise les critères d’accès à certains lieux, biens ou services ; il dévalorise la politique (puisqu’il n’y aurait plus à décider, à trancher, dans des situations d’incertitude dès lors que celles-ci sont d’avance désamorcées) ; il dispense des institutions, du débat public ; il se substitue à la prévention (au profit de la seule préemption), etc.”

 

Retrouvez l’article complet sur la plateforme Cairn en cliquant ici

 

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